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Messe des Morts III – Montréal, 29-30 novembre 2013

Posted in Black Metal, Spectacle with tags , , , , , , , , , , , , , , , , , , on 2013/12/02 by Asag Asakku

IMdM3l m’apparaît toujours un peu plus difficile chaque année d’organiser un périple musical vers la métropole déliquescente de notre chère province. La logistique nécessaire réclame du temps et de l’énergie, deux denrées devenues aussi rares que des politiciens honnêtes. Qu’importe, l’affiche proposée cette année par la troisième édition du festival de la Messe des Morts est tout simplement irrésistible. Après moult péripéties, je parviens finalement à prendre la route à bord de ma Panzer Division Yaris, que je partage avec deux autres lurons enthousiastes. Notre folle équipée arrive à destination sans incident notable et je profite de quelques heures de repos bien mérité dans la très spartiate chambre d’un hôtel fier de son étoile et demie.

Psaume I (29 novembre 2013)

La nécessité de me restaurer et une mauvaise évaluation de la distance entre l’hôtel et le théâtre Plaza me fait manquer les deux premiers groupes de la soirée, Acédia et Issfen. Il n’est pourtant pas encore 18h30 ! Ce n’est que partie remise, j’en suis sûr. La salle est déjà bien remplie et les spectateurs flânent devant les kiosques et les différents bars. Une belle ambiance règne déjà, ainsi qu’une persistante odeur  de transpiration fromagée. J’aurais bien aimé savoir qui propageait cette pestilence, afin de le référer aux autorités sanitaires compétentes.

C’est la formation québécoise Endless Horizon qui grimpe ensuite sur les planches du Plaza. Déjà doté d’une bonne expérience de scène, le groupe balance son Black Metal à une foule attentive, déclenchant même quelques échauffourées. Un détail – qui se répétera d’ailleurs pendant toute la fin de semaine – attire toutefois mon attention. Le son des premières chansons est approximatif. La voix est inaudible et la guitare semble se perdre dans un maelstrom de distorsion. Heureusement, cette situation est progressivement corrigée et la qualité générale du son s’améliore au fil des titres. Après une performance honnête  et divertissante, le groupe se retire, chaudement applaudi par la foule.

C’est alors au tour de Délétère d’apparaître sur scène. Ce groupe encore peu connu (une seule démo à la distribution confidentielle) originaire de Québec offre le premier concert de sa courte existence. Maquillé de vert, ses membres proposent une musique endiablée avec la particularité d’avoir des paroles composées et interprétées exclusivement en Latin. C’est d’ailleurs dans cette langue que le chanteur présente le groupe à une foule qui – de toute évidence – n’a strictement rien compris. Le potentiel de cette formation est évident, mais ses membres devront affiner davantage l’aspect scénique de leur art afin de conquérir un public plutôt dubitatif.

Après une courte pause, les Norvégiens de Throne of Katarsis font une entrée remarquée. Maquillés et couverts de sangs, ils entament leur segment de la soirée avec une longue invocation destinée à Satan. La musique est toutefois moins impressionnante. Les titres sont généralement assez lents et ne suscitent guère mon enthousiasme. Peu connu hors de Scandinavie, le groupe ne parvient pas à susciter un réel engouement et se retire au bout d’une quarantaine de minutes.

La table est néanmoins mise pour Horna, redoutable groupe finlandais qui célèbre cette année son vingtième anniversaire de fondation. Les yeux des spectateurs sont immanquablement rivés sur le chanteur, figure hiératique vêtu tel un moine. Impassible même au cœur d’un déluge de décibels, il hurle les paroles avec l’écume aux lèvres, multipliant les gestes rituels. La puissance de la musique de Horna semble démultipliée sur scène. C’est un véritable mur de son qui frappe les spectateurs, avec une violence surprenante. Puisant dans son répertoire des chansons moins connues (ainsi qu’un nouveau titre), le groupe lamine l’auditoire grâce sa vaste expérience de scène.  Le ton de la soirée est donné.

La fébrilité gagne ensuite les amateurs massés au Plaza. Un groupe que personne n’aurait imaginé voir un jour sur une scène nord-américaine se prépare à donner l’assaut. Le fruit est mûr lorsque les membres de Taake arrivent finalement, un peu après 23h. L’apparition du charismatique leader Hoest, recouvert du drapeau norvégien, embrase la salle. Positionné tout près des premiers rangs, j’observe avec fascination sa gestuelle frénétique et son attitude. Maquillé tel un mort-vivant, les yeux couverts par des verres de contact blanc, il déploie toute sa fougue et son agressivité (sans parler de ses tatouages sur ses bras et son torse, une vision qui a dû créer l’émoi chez la gente féminine). La sélection des chansons couvre l’essentiel de la carrière du groupe, ponctuée de quelques classiques des albums Over Bjoergvin Graater Himmerik et Hordalands Doedskvad. La foule s’emballe et la fosse s’embrase. Les coups pleuvent et les corps s’entremêlent. Après plus d’une heure et un rappel, le groupe se retire, laissant des spectateurs épuisés, mais heureux. C’est avec les genoux en miette et les hanches douloureuses que je récupère mon manteau et quitte la salle, avec la ferme intention d’être encore plus impliqué le lendemain.

Psaume II (30 novembre 2013)

Je m’éveille après une trop courte nuit de sommeil agité pour aller effectuer quelques emplettes et manger avec un ami qui – de toute évidence – n’était pas encore remis du décalage horaire et des péripéties de la veille. Sa réaction stupéfaite devant une première poutine est toutefois très amusante et nous passons un agréable moment.

Cette fois, pas question de manquer un groupe. Je saute dans le métro et après un souper rapidement ingurgité et je me précipite au Plaza… pour me rendre compte que je viens de louper la prestation d’Existe, un groupe dont je n’avais jamais entendu parler avant. Diantre ! J’ai tout de même le plaisir d’observer le tout premier spectacle du groupe québécois Au-delà des Ruines, un projet parallèle du guitariste Blanc Feu et du batteur Cadavre (Chasse-Galerie, Mêlée des Aurores). Sèche et brutale, la musique de ce nouveau venu cogne comme une masse grâce à un puissant jeu de batterie et des guitares réglées au quart de tour. J’y vois une nouvelle preuve de la qualité de la scène québécoise de Black Metal, qui n’a décidément rien à envier aux autres.

La palme de la meilleure surprise du week-end revient toutefois au groupe torontois Megiddo, que bien peu d’amateurs devaient connaître avant leur apparition à la Messe des Morts, malgré dix-huit ans d’existence ! Proche des classiques de Celtic Frost et de Bathory, leur musique repose d’abord sur de très bons riffs de guitare, superbement interprétés. Le son est lourd et gras, typique d’une formation aux influences Thrash. La foule – nombreuse et compacte – observe et écoute attentivement un groupe qu’elle découvre. Peut-être que ce spectacle donnera aux membres de Megiddo l’élan nécessaire pour lancer un premier album en dix ans (The Atavism of Evil est paru en 2002) ? C’est sans doute avec le sentiment du devoir accompli que le groupe cède finalement sa place.

La formation française Belenos représente le «joker» du festival. Les compositions à forte connotation païenne de Loïc Cellier (guitare, voix) auraient pu détonner dans le cadre d’un spectacle consacré au Black Metal traditionnel. Erreur. L’excellente performance du groupe, ponctuée par l’interprétation de plusieurs anciens morceaux, enchante les spectateurs et confond les sceptiques. Solide et inspirée, la musique de Belenos impressionne par la qualité de ses enchaînements, tout en conservant une dimension brute parfaitement exprimée sur scène. Le groupe est probablement parvenu à convaincre plusieurs amateurs d’aller découvrir son œuvre.

Le parterre est comble et les premiers rangs compressés lorsque les musiciens du célèbre groupe Sargeist font leur apparition. J’admets toutefois avoir été légèrement déçu. La qualité du son, au cours des premières chansons, laisse à désirer (en particulier celui de la guitare) et le groupe semble figé. Hoath Torog (chant) ne dégage pas le même charisme que certains de ses homologues et limite ses mouvements au minimum. Le public a tout de même droit à certaines chansons incontournables, telles que Black Fucking Murder et Empire of Suffering, qui permettent aux enragés de la fosse d’exprimer leur agressivité. Peut-être conscients de leur manque de tonus, les membres du groupe se retirent rapidement après Let the Devil In, chanson éponyme du dernier album.

La pièce de résistance de cette troisième Messe des Morts vient ensuite anéantir une assistance déjà rudement mise à l’épreuve. Immédiatement classé parmi mon top-5 des meilleures prestations de Black Metal auxquelles j’ai assistées, le concert de Tsjuder est une véritable boucherie. Même s’ils ne sont que trois sur scène, ils donnent parfois l’impression d’être  dix fois plus nombreux. Se déplaçant constamment, Nag (chant, basse) impressionne par sa hargne et sa fougue. Il est également impossible de passer sous silence l’impressionnante qualité du jeu d’AntiChristian (batterie), agrémenté de nombreuses pitreries qui font passer Lars Ulrich pour un amateur sans expérience. Les chansons s’enchaînent sans répit ni pitié. Positionné tout près de la fosse, je cède à l’envie dévorante d’esquinter mon prochain lorsque jaillissent les premières notes de Ghoul. Je me dévisse également les vertèbres cervicales en appréciant Helvete, Kill for Satan et I-10. Le groupe surprend également l’assistance avec des reprises de 1349 (Riders of the Apocalypse, de tirée de l’album Liberation) et Bathory (Sacrifice, déjà enregistrée par le groupe l’album Desert Northern Hell). Concluant le rappel avec Malignant Coronation, les membres de Tsjuder quittent le champ de bataille en conquérants.

Tremblotant de fatigue, couvert de sueur, je me dirige vers le vestiaire en saluant quelques frères d’armes unanimement enthousiastes. Cette troisième édition de la Messe des Morts est un incontestable succès, qui devrait permettre à ses organisateurs d’élargir encore davantage leurs horizons et de convaincre d’autres groupes de venir dévaster notre bout de continent. Je retourne à la réalité la tête bourrée de précieux souvenirs, en rêvant déjà à la prochaine fois.

Black Metal Origines III – Québec, 29 mars MMXIII

Posted in Black Metal, Spectacle with tags , , , , , , , , , , , , on 2013/03/31 by Asag Asakku

Lbmoiiia troisième édition du Black Metal Origines se déroule le Vendredi Saint 2013, jour commémorant la crucifixion du bâtard de Dieu. Le concept derrière ce festival demeure toujours aussi intéressant, jumelant des groupes locaux avec des légendes du Black Metal, dont ils doivent interpréter quelques classiques, en plus de leurs propres compositions.

Différence de taille cette année, alors que les organisateurs choisissent de tenir leur évènement dans un environnement plus intime, au bar-spectacle L’Agitée plutôt qu’à la salle Méduse, comme lors des deux premières occasions. Cette décision est sans doute le fruit d’une affiche bâtie autour de trois groupes émergents et d’une tête d’affiche ne provenant pas de la région immédiate de Québec.

Qu’importe! Je fais rugir le puissant moteur de ma Panzer Division Yaris, direction le quartier Saint-Roch!

Ordoxe (Enthroned)

OrdoxeC’est au groupe trifluvien Ordoxe que revient l’honneur d’ouvrir les célébrations. Il s’agit d’une première pour cette formation essentiellement composée d’anciens membres de Slaotvean. Ceux-ci semblent d’ailleurs un peu crispés en début de prestation, devant une foule qui se rassemble progressivement. En outre, le choix de rendre hommage au groupe belge Enthroned peut étonner, car celui-ci, malgré un parcours professionnel remarquable, n’est pas forcément le plus connu des amateurs.

Je me sens néanmoins privilégié puisque depuis environ une semaine, j’écoute régulièrement le premier album d’Ordoxe, dont je viens tout juste de publier la critique. Leurs compositions me sont donc familières et le groupe les interprètent avec énormément de conviction. Quant aux chansons d’Enthroned, c’est surtout Evil Church (tirée de l’album Towards the Skullthrone of Satan paru 1997) qui retient mon attention, celle-ci étant jouée avec toute la puissance nécessaire.

Cette première performance du groupe mauricien est convaincante. Les musiciens démontrent beaucoup de savoir-faire et une bonne présence scénique, même si les interactions avec la foule restent limitées. Il s’agit d’un aspect qui pourra sans doute être amélioré dans l’avenir.

Endless Horizon (Gorgoroth)

endless-horizonC’est en arborant fièrement un chandail de Gorgoroth que je me pointe devant la scène pour la deuxième performance de la soirée. C’est le groupe local Endless Horizon qui relève le défi cette fois, démontrant à nouveau un sens développé du spectacle. Sans tarder, Winterthrone (chant) et ses affidés balancent Bergtrollets Hevn, tirée d’Antichrist. Voilà une belle entrée en matière. Je me dévisse le cou tel un fou furieux, cette musique me rappelant mes plus belles années d’amateur de métal obscur.

Après quelques compositions originales tirées d’Annihilation of Human Beliefs (leur premier album), le groupe reprend un autre classique des tarés de Bergen, provenant cette fois d’Under the Sign of Hell. Malgré mon âge vénérable (hum), j’me câlisse dans l’pit avec la fougue d’un trentenaire qui sait pertinemment qu’il regrettera son geste. Mais la plus belle surprise de la soirée provient d’un rappel inattendu permettant de savourer Begravelsesnatt, toute première chanson de Pentagram. C’est donc avec un enthousiasme décuplé que je retourne esquinter mon prochain.

Mission accomplie pour les membres d’Endless Horizon, qui rendent un excellent hommage à un des principaux piliers de la scène norvégienne, tout en y ajoutant une touche personnelle. Je regrette toutefois l’absence du désormais célèbre trône en plastique sur lequel le chanteur débute habituellement sa prestation. Ce sera pour une prochaine fois.

Mortuas (Old Man’s Child)

CMortuasette troisième partie du spectacle me laisse d’abord perplexe. La musique d’Old Man’s Child a très mal vieillie et sa grandiloquence, à grand renfort de claviers, rappelle tout le kitsch du Black Metal symphonique de la fin des années 1990. En outre, c’est le trio nord-côtier Mortuas qui s’atèle à cet hommage, sans clavier ni second guitariste. Ma première impression live du groupe, à la deuxième édition  de la Messe des Morts en novembre 2012, ne m’avait d’ailleurs pas vraiment convaincue.

Je suis d’autant plus surpris du résultat. Nightgrim (guitare et voix) et ses collègues parviennent à donner un nouveau souffle aux chansons dépassées d’Old Man’s Child. Débarrassées de leur enrobage de claviers, celles-ci sont simplifiées, rendues plus directes, plus efficaces même. Le groupe démontre aussi davantage d’assurance et une présence scénique plus dynamique. Voilà qui augure bien pour l’avenir.

Cryptic Howling (Dark Funeral)

Cryptik HowlingC’est le groupe originaire d’Abitibi Cryptic Howling qui doit conclure la soirée avec un hommage à l’une des formations les plus importantes de l’histoire du Black Metal suédois. Toutefois, je ne suis pas le plus grand amateur du style pratiqué par ce quintet de Rouyn-Noranda. Leur musique, essentiellement axée sur la puissance, manque parfois d’originalité, voire de substance.

Néanmoins, ce n’est pas la musique qui m’indispose au cours de la performance du groupe, mais bien le chant. J’ignore si le vocaliste est aux prises avec  des problèmes de gorge, mais le résultat donne parfois l’impression qu’il cherche à ménager ses cordes vocales. Souvent désynchronisé par rapport à la musique, il ne parvient que rarement à trouver le ton juste, particulièrement sur les chansons de Dark Funeral, dont l’interprétation requiert pourtant un registre aigu. Le public, désormais présent en grand nombre, ne semble pas s’en émouvoir et de furieux mosh pits ponctuent une prestation qui permet d’entendre plusieurs classiques provenant de The Secrets of the Black Arts.

Cette belle soirée se conclut avec de nombreuses poignées de main viriles et des emplettes fructueuses. À nouveau, les organisateurs du Black Metal Origines remplissent leur mandat avec un grand professionnalisme, en sus d’une affiche peut-être moins relevée que celle des deux premières éditions. En reprenant le volant de mon puissant bolide, le cou émietté et les côtes contusionnées, j’espère la tenue d’une quatrième édition où – peut-être – des groupes du Nouveau monde seront honorés à leur tour.

Black Metal Origines III

Posted in Black Metal, Nouvelle with tags , , , , , , , , , , , , , on 2013/01/12 by Asag Asakku

Metallum PBMO2013roductions annonce cette semaine la tenue d’un troisième volet du Black Metal Origines. Le succès remporté par les deux premières éditions a finalement convaincu ses organisateurs de poursuivre l’aventure, avec néanmoins un changement de taille (au sens propre) : le spectacle se déroulera cette année au bar l’Agitée, et non au Complexe Méduse, comme pour les deux occasions précédentes. Cette situation s’explique sans doute par le plus petit nombre de groupes à l’affiche, quatre au total.

Le concept général demeure le même. Des groupes québécois sont jumelés à des formations dont l’histoire remonte aux origines du Black Metal. Ils doivent alors interpréter quelques classiques, en plus de leurs compositions originales.

Voici les groupes sélectionnées pour l’édition 2013, qui se déroulera le 29 mars prochain dès 20h au bar l’Agitée :

Cryptic HowlingCryptik Howling

Rouyn-Noranda / Dark Funeral

MortuasMortuas

Sept-Îles / Old’s Man Child

Endless Horizonendless-horizon

Québec / Gorgoroth

OrdoxeOrdoxe

Nicolet / Enthroned

Crépuscule hivernal – Québec, 1er décembre 2012

Posted in Black Metal, Spectacle with tags , , , , , , , , , , , on 2012/12/03 by Asag Asakku

Mes proches ont encore du mal à comprendre pourquoi un homme (relativement) sain d’esprit, marié et père de famille, assiste régulièrement à des spectacles jugés abrutissants. J’admets éprouver moi-même des difficultés à expliquer rationnellement ce comportement. Ainsi, une semaine après avoir perdu 2% de mes capacités auditives à la Messe de Morts, je retourne endommager mes tympans au Crépuscule hivernal, un évènement se déroulant dans mon patelin. Une fois mes admirables enfants au lit, j’embrasse ma très compréhensive épouse et bondit dans ma désormais célèbre Panzer Division Yaris, direction l’AgitéE.

Crépuscule hivernal 2012

La salle est déjà bien remplie lorsque j’arrive. Il s’agit d’une nouvelle preuve que les belles affiches locales peuvent remplir une salle de petite capacité, voire davantage. Hell Crucificator est sur scène et interprète un Black/Thrash/Death bien old school. La foule continue de grossir, mais demeure attentive. J’en profite pour aller aux kiosques, serrer quelques mains et – à nouveau – passer pour un con quand des gens que je ne reconnais pas viennent me saluer. Le prochain groupe à venir terroriser la foule s’appelle Svalbard, dont la musique rappelle sans équivoque la glorieuse deuxième vague de Black Metal norvégien. C’est gras est direct, mais je demeure circonspect. Dans ce registre déjà hyper saturé, je distingue mal ce qui pourrait constituer la force de ce groupe. Peut-être l’énorme croix inversée en bois portée par le chanteur ? La reprise d’une chanson de Tsjuder constitue le moment fort de la prestation et le groupe quitte peu après.

La formation suivante éveille ma curiosité. Amenophis fait partie des pionniers du Black Metal de la région de Québec et leur dernière présence sur scène remonte presque à l’époque des pharaons. Quelques extraits disponibles en ligne établissent leur registre aux confins des univers Death/Black symphonique et tout cela semble bien prometteur. Toutefois, l’expérience me déçoit amèrement. Le groupe met un temps fou à s’installer, changeant même le kit de batterie. Je note d’ailleurs la présence d’un violoniste (!) qui semble tout droit sorti d’une école secondaire. Premier faux pas, le chanteur débute le set en hurlant «are you ready?» devant une foule exclusivement francophone. Passons l’éponge sur ce détail pour nous concentrer sur l’essentiel : l’exécrable qualité du son. Seuls deux éléments distinctifs parviennent à mes oreilles, la caisse claire et le violon. Le reste est une véritable bouillie. La complexité des compositions n’aide pas la cause d’Amenophis et il extrêmement difficile de suivre les airs ou les tempos. J’espère sincèrement que le groupe apprendra de cette expérience, leurs ambitions pour ce premier spectacle étant manifestement au-dessus de leurs moyens et de ceux de la salle.

J’approche de la scène pour observer la préparation des membres d’Endless Horizon. Ceux-ci lancent officiellement leur tout premier album au cours de cette soirée et je m’attends à une belle performance. Après avoir installé leur quincaillerie, dont un trône en simili-pierre, le groupe démarre les hostilités avec Dictator of Horrific Hordes. Le mosh pit se déchaîne alors et je reçois un violent coup dans les côtes. À une autre époque, j’aurais probablement sauté dans le tas pour arracher des têtes, mais ces facéties ne sont plus de mon âge. Je préfère sagement reculer et observer la prestation depuis une distance sécuritaire. Je constate avec soulagement que les problèmes de son éprouvés par le groupe précédent semblent réglés. Chaque instrument est parfaitement audible et la voix criarde de Winterthrone perce les tympans. Les musiciens semblent tous en grande forme, le jeu est précis (particulièrement la basse et la batterie) et le frontman démontre beaucoup d’entrain. Il s’agit sans aucun doute du meilleur moment de la soirée, avec en prime plusieurs clichés du Black Metal, tel que le faux sang (du sirop de maïs mélangé à du colorant alimentaire) et une bible profanée, puis brûlée. Voilà un lancement réussi et j’espère bien que cela permettra au groupe d’écouler plusieurs copies de leur album.

Endless Horizon

C’est maintenant au tour de Morgue de prendre la scène d’assaut. Il s’agit d’un premier spectacle en neuf mois pour le quintet de Québec, une pause rendue nécessaire par le départ d’un guitariste et l’entraînement de son successeur. La machine de guerre semble toutefois un brin rouillée. Habituellement mordante et d’une brutalité inouïe, la prestation du groupe est cette fois un peu plus hésitante. Les musiciens s’observent, le chanteur reste plutôt statique et la foule semble percevoir cette situation inhabituelle. Je suis toutefois convaincu qu’il s’agit là des conséquences normales d’un changement de line-up et que le groupe saura apporter les correctifs nécessaires.

Je n’insiste pas davantage. La fatigue prend le dessus et mes adorables enfants se moquent bien des motifs qui amènent leur papa à se coucher à une heure du matin. Ce Crépuscule hivernal est une belle réussite, qui permet d’obtenir un agréable tour d’horizon d’une frange plutôt méconnue de la scène locale. Ça valait donc la peine d’y poursuivre la destruction progressive de mes capacités auditives.

Endless Horizon – Annihilation of Human Beliefs (2012)

Posted in Black Metal, Critique with tags , , , , , , on 2012/11/30 by Asag Asakku

ertains groupes semblent avoir un nom prédestiné. C’est le cas pour la formation québécoise Endless Horizon, dont l’émergence semblait toujours repoussée au-delà de l’horizon. Fondé en 2004 par Nafarius et LordGore, le groupe connaît une série d’ennuis qui retardent sa progression. Avec un line-up finalement stabilisé, il lance un maxi en 2010 puis s’attelle à la réalisation d’un premier long-jeu. Annihilation of Human Beliefs (2012) voit finalement le jour après huit longues années d’existence, probablement marquées par les doutes et le découragement.

Je suis d’abord surpris par la brièveté de l’opus. Une petite trentaine de minutes, réparties sur six titres dont une introduction ? Cela m’apparaît bien court. Toutefois, le contenu proposé dissipe rapidement ce préjugé. Le groupe mise en effet sur une musique extrêmement dense, dépourvue de remplissage et de temps mort. Cela suggère un énorme travail de composition, où tous les éléments superflus ont été progressivement retirés du produit final.

La réalisation, confiée aux mains expertes d’Antoine Baril (réalisation) et François Fortin (mastering), est à la hauteur et donne du coffre aux chansons. Celles-ci rappellent d’ailleurs les (quelques) belles années de Dimmu Borgir, grâce à cet amalgame si particulier de mélodies accrocheuses et d’agressivité. Nous avons même droit à quelques surprises, comme la très jolie introduction de Carthusian Monastery, interprétée à la guitare sèche. Les claviers sont quant à eux bien présents et génèrent les ambiances, mais, contrairement aux groupes plutôt « symphoniques », ils ne prennent jamais le dessus sur les autres instruments. Le groupe évite ainsi le piège de la démesure et se concentre plutôt sur un Black Metal direct et drôlement efficace.

Sans chercher à révolutionner le Black Metal, Endless Horizon nous offre un premier album digne de mention. Réalisé avec soin, interprété avec professionnalisme, Annihilation of Human Beliefs démontre le sérieux du groupe et son désir de rattraper le temps perdu. (English version)

Label : autproduction

Durée : 29:35

Parution : 1er décembre 2012

Extrait sonore : Dictator of an Horrific Horde

Entrevue avec Endless Horizon

Posted in Entrevue, Spécial Québec 2011 with tags , , , , , , on 2011/10/25 by Asag Asakku

e vous propose aujourd’hui un entretien avec la formation Endless Horizon. Originaire de Québec et fondé en 2004, son parcours est emblématique de la réalité à laquelle sont confrontés les groupes de Black Metal underground de la province : changements de personnel, faible reconnaissance publique, précarité. Malgré des déconvenues et des remises en question douloureuses, le groupe est prêt à foncer, fort d’un line-up désormais stable et d’objectifs musicaux concrets.

Q. D’abord, merci d’avoir accepté cette entrevue ! L’histoire d’Endless Horizon est assez tumultueuse, quoique typique dans l’univers extrême du Black Metal. Les prémisses du groupe remontent à 2004, mais d’incessants changements de personnel ont retardé son développement. Comment avez-vous surmonté cette difficulté, véritable fléau des groupes de métal sombre? Avez-vous déjà envisagé tout arrêter pour vous concentrer sur d’autres projets?

R. En effet, l’histoire d’Endless Horizon a été assez mouvementée. Le groupe a réellement commencé en 2004, mais on peut retracer l’histoire du groupe à partir des alentours de l’année 2000, lorsque Nafarius (guitares) a tenté de monter un groupe Black Metal accompagné du premier batteur de la formation. Toutefois, ce n’est que lorsque Nafarius a rencontré LordGore (guitares) que les choses ont vraiment commencé pour Endless. C’est cette grande amitié et cette synergie créative entre Nafarius et LordGore qui ont toujours maintenu le groupe en vie à travers les épreuves qu’il a dû traverser. Entre 2005 et 2008, le groupe a d’ailleurs été réduit à un duo, c’est dire à quel point Nafarius et LordGore étaient déterminés à continuer quoi qu’il advienne. En fait, ils ont toujours gardé la flamme, malgré la difficulté et les doutes. Aujourd’hui, cependant, on est en mesure de voir que tous ces changements de personnel n’étaient pas nécessairement dus au hasard, mais qu’ils ont mené le groupe à trouver des membres qui étaient plus sérieux et plus en phase avec les idées des deux leaders. Ce n’est donc que début 2011 que la formation actuelle de six musiciens s’est fixée, plus cohérente que jamais. Endless Horizon compte donc parmi ses rangs : Winterthrone (vocal), Zephyros (batterie), Aisthem (claviers), Gangrène (basse) ainsi que LordGore et Nafarius aux guitares.

Q. La précarité financière est généralement la triste compagne des formations émergentes de Black Metal (voire même des formations établies), surtout dans les régions du monde où cette musique est peu populaire. Comment conciliez-vous votre désir de jouer cette musique avec les impératifs de la vie quotidienne ?

R. Bien entendu, nous ne nous sommes jamais fait d’illusions. Dans le contexte actuel, il est extrêmement difficile pour les musiciens de vivre de la musique seule. C’est encore pire lorsque lesdits musiciens adhèrent à un mouvement marginal qui n’attire qu’une mince fraction de la population. C’est pourquoi nous avons toujours considéré Endless Horizon comme un passe-temps, mais un passe-temps sérieux. C’est-à-dire que nous mettons beaucoup de nos temps libres dans le groupe, mais que nous avons tous un travail, des études ou un autre plan pour gagner notre vie.

Q. Les extraits musicaux disponibles sur YouTube et Reverbnation nous permettent de découvrir un groupe influencé par le Black Metal mélodique européen, dans une version plus directe et intransigeante. De quelle façon décririez-vous votre musique à des non-initiés? Quels sont les groupes qui influencent votre propre écriture?

R. Il est très intéressant de voir que tu qualifies notre groupe comme étant relié au Black Metal mélodique européen, car nous avons toujours eu de la difficulté à qualifier notre musique de façon vraiment précise parce que nous sommes loin d’être des puristes. Certes, nos plus grandes influences proviennent du Black Metal de la deuxième vague, notamment Enslaved, Satyricon, Anorexia Nervosa et Frozen Shadows, mais nous avons aussi un paquet d’autres influences qui viennent teinter notre son. Par exemple, nous avons aussi d’importantes influences Death Metal (Behemoth et Septic Flesh principalement) qui amènent sans doute le côté direct et intransigeant dont tu parles. Nos compositions ont aussi une forte tendance progressive, car nous aimons varier les structures et placer de nombreux changements de tempo, de texture et de motif dans la même pièce. On peut aussi souligner quelques passages Doom dans certaines pièces et étant donné que nous avons été adolescents dans les années 1990, il y a peut-être aussi un petit assaisonnement de rock alternatif dans notre son. Autrement dit, Endless Horizon est un groupe de Black qui ne se fixe pas vraiment de barrières en ce qui concerne l’écriture musicale et qui croit que des influences variées ajoutent de la richesse au Black Metal.

Q. Travaillez-vous présentement à une démo, un maxi ou un album ? De quelle façon procédez-vous et quelles sont les étapes que vous prévoyez suivre ?

R. Nous sommes contents que tu poses cette question, car oui nous entrerons en studio avec Antoine Baril pour enregistrer un EP de cinq pièces dès cet hiver. À ce jour, le processus a été relativement simple. Lorsque la formation a été complétée par l’arrivée de Gangrène, l’EP était déjà dans les plans depuis un petit moment. Puis, quand nous nous sommes sentis prêts à entamer les démarches pour trouver un studio et un réalisateur, notre choix s’est vite arrêté sur Antoine Baril qui a une excellente réputation dans l’univers Metal dela Vieille Capitale et même dela Province. Deux facteurs principaux ont influencé notre choix : d’une part, la qualité de ses productions et d’autre part le fait qu’il a moins travaillé avec des groupes de BM en lien avec l’idée de se différencier de la masse de la scène de Québec. Nous l’avons contacté et à notre agréable surprise, sa réponse a été immédiatement positive. Présentement, nous en sommes à finaliser le choix des compositions qui se retrouveront sur le disque et à revamper l’image du groupe et sa promotion. L’étape suivante en sera une de préproduction où nous enregistrerons nous-mêmes nos cinq pièces pour nous donner une idée concrète de ce à quoi le produit final va ressembler et pour mieux définir le son que nous souhaitons achever. Ensuite, nous devrions entrer en studio vers le mois de février pour l’enregistrement du produit final.

Q. D’une manière générale, quels sont les thèmes qui inspirent votre musique et vos paroles et pourquoi sont-ils importants pour vous?

R. Tout comme nous ne nous imposons pas de barrières côté son, nous n’avons pas non plus vraiment de tabous côté lyrique. Le seul est peut-être la politique-politicienne. Cela ne veut pas dire que nous ne faisons jamais de critique sociale, mais nous avons choisi de ne pas prendre de parti clair dans nos paroles, car cela polarise l’audience et peut mener à des dérapages. Nos thèmes préférés sont la mort, la critique des religions organisées, la haine, la guerre, l’occultisme et la mythologie. Ces thèmes sont importants pour nous, car ils font référence à des réalités qui sont rarement exposées dans la société aseptisée dans laquelle on vit. L’exploration de l’occultisme et de la mythologie s’avère aussi être extrêmement intéressante du point de vue de la morale dans une société en perte de repères moraux comme la nôtre. En outre, ce sont des thèmes qui se retrouvent à l’essence même de la musique Black Métal et du Métal en général, ce qui nous les rend d’autant plus attirants.

Q. En lisant à propos de votre groupe, j’ai parcouru un passage dans lequel vous indiquiez vouloir dépasser les clichés habituels du Black Metal. Cette volonté revient très souvent dans les biographies des groupes et je vous pose donc la question : quels sont les clichés que vous souhaitez éviter, et que leur reprochez-vous?

R. Assurément, certains lieux communs du mouvement Black Metal nous dérangent plus que d’autres. Par exemple, nous aimons amener une théâtralité dans nos performances scéniques. Nous aimons donc utiliser les corpse paint et d’autres éléments scéniques qui peuvent être perçus comme clichés par certains. Toutefois, ce qui nous désole surtout c’est l’absence d’ouverture d’esprit de nombreux amateurs et musiciens du courant BM qui semblent ressasser toujours la même musique, le même son low-fi et les mêmes paroles que Burzum et Darkthrone en 1991. C’est à ces clichés que nous faisons référence; ceux qui font stagner le courant, nous tentons donc d’amener le Black sur des territoires différents pour combattre ces clichés. Nous croyons qu’il est peu intéressant de sans cesse recopier un son d’une autre époque et de se limiter à cela sans chercher à faire évoluer le courant Black Metal.

Q. Avez-vous déjà donné des concerts ? Si oui, comment se sont-ils déroulés et quelle a été la réaction du publique à votre performance?

R. Endless Horizon a donné plusieurs concerts depuis 2004. La formation originale a d’ailleurs tourné dans le sud des États-Unis et au Mexique en 2005, suite à la parution de la première démo du groupe. Ensuite, suite aux nombreux changements de personnel que le groupe a connu, les concerts se sont raréfiés. Les deux derniers concerts ont été donnés en juin 2010 au Café Chaos à Montréal et le 26 mars 2011 au défunt Bar Octobre à Québec avec 5 membres actuels et notre ancien bassiste. D’ailleurs, nous jouerons avec Hak-Ed Damm, Issfenn et Jotunheimr le 3 décembre 2011 à L’Agitée. Nous aimons bien préparer en détail nos performances scéniques, ce qui fait que la plupart du temps, elles se déroulent très bien et nous avons de bonnes réactions et d’excellents commentaires.

Q. Je me plais à soumettre les groupes émergents à un exercice fantaisiste : vous avez la chance d’ouvrir le concert d’un groupe – n’importe lequel – n’importe où dans le monde. Quel groupe choisiriez-vous et où se déroulerait ce spectacle? Y aurait-il un sacrifice inaugural de jeune vierge?

R. Nous fantasmons, comme bien des groupes Metal, sur une tournée des festivals en Europe, ou une tournée européenne tout court. Alors, choisissons le plus gros festival de tous : Wacken. Pour ce qui est d’un groupe pour qui nous aimerions ouvrir, nous en parlions justement récemment lors du spectacle d’Enslaved à Québec. Il s’agirait sans doute d’Enslaved qui est un groupe déterminant pour nous. En ce qui concerne le sacrifice de jeune vierge, pourquoi pas? Ça ferait un bon élément scénique! Honnêtement, nous préfèrerions probablement faire autre chose à la vierge que la sacrifier…

Q. Quelle est votre opinion générale quant à la scène Black Metal québécoise, ses groupes de pointe, son rayonnement, son avenir? Croyez-vous que cette scène pourrait se développer et se structurer au point de permettre à certains groupes de vivre de leur musique?

R. C’est une très bonne question. Nous trouvons que la scène québécoise est très intéressante et commence à se diversifier. Plusieurs groupes très intéressants, puristes comme plus expérimentaux alimentent la scène. On voit qu’il y a un début de rayonnement en Europe; on pense par exemple à Monarque qui a fait une tournée européenne et on peut voir des références à Gris, Sombres Forêts, Forteresse…etc. sur des sites aussi internationaux que Metalstorm. D’autres groupes se distinguent en contribuant à faire évoluer le Black Metal en le mélangeant à d’autres sonorités ou en employant une approche moins conventionnelle comme Cryptic Howling ou Unexpect qui a commencé par faire du Black avant de se diriger vers des avenues extrêmement expérimentales. Tout cela démontre que la scène québécoise se développe et est en santé. Cependant, étant donné le contexte actuel de l’industrie musicale qui semble s’effondrer, la fragmentation de la scène en de nombreux sous-genres, le fait que l’assistance Black Metal n’est qu’une infime partie des amateurs de musique et aussi le manque de salles pour se produire live, particulièrement à Québec, nous croyons qu’il est plutôt optimiste, voire illusoire de penser que certains groupes Black Metal vont en arriver à vivre pleinement de leur musique au Québec à moins d’un changement radical.

Q. Maintenant que vous disposez d’un alignement complet, quelles sont les prochaines étapes que vous envisagez franchir? Quelles sont vos ambitions pour Endless Horizon?

R. Tout d’abord, comme nous l’avons mentionné, nous désirons mener à bien notre projet d’EP et diffuser notre musique à un plus large auditoire en l’utilisant comme une carte de visite pour les labels, webzines et blogues de Black Metal. Ensuite, nous désirons faire plus de spectacles à l’intérieur et, si possible, à l’extérieur de la Province. Enfin, nous souhaitons devenir une référence du Black Metal québécois avec un son plus diversifié qui saura plaire à un plus grand nombre de gens. Pour conclure, merci pour l’entrevue et nous lançons l’invitation à tous les admirateurs de Black Metal de Québec : nous serons en spectacle le 3 décembre 2011 à l’Agitée, c’est un rendez-vous!

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